scénogramme pour un entretien infini #1, 2016

Cure-dents, bois naturel, +/- 350 x 50 cm

Cette sculpture en cure-dents est inspirée des lignes de mire et des représentations graphiques de bruit blanc.

Une ligne de mire est une droite matérialisée ou non, pouvant être graduée et servir à viser ou à observer avec attention l’endroit où l’on veut porter un coup avec une arme. En topographie, elle peut aussi servir de système de mesure.

Un bruit blanc résulte d’un processus qui consiste à reproduire de façon aléatoire les valeurs d’un signal à intervalles définis par une logique de sélection et d’échantillonnage. Ils sont généralement réguliers et donc normalisés. Ces reproductions servent à faciliter la transmission et modification numérique de données ou d’informations sonores préalablement enregistrées comme les bruits de fond afin de les rendre plus audibles.  Dans ce cas, le bruit de fond est représenté par l’association d’objet prédéfinis – les cure-dents- qui en deviennent la contre-forme. La fonction de ceux-ci est remise en question. Ils ne sont plus uniquement des simples multiples d’un produit industriel résultant de la déforestation ou de l’instrumentalisation de notre environnement. Ici, il ne servent plus à se nourrir ou à déloger des restes d’aliments. Ils sont transformés en moyens de construction et aussi potentiellement de mesure. Leur association ainsi que leur articulation redonnent une importance, un statut et une préciosité à la matière organique qui les compose.
Le paysage que dessine la sculpture se présente comme une nature morte. Sa conception basée entre autre sur un système de mesure, ne sert plus à observer autre chose que son état oscillent entre la ruine et le raffinement, ce dernier est devenu l’objet du regard.
La représentation graphique de l’onde qui a inspiré la structure est dédoublée. Les deux parties qui la composent sont enchevêtrées l’une dans l’autre. L’ensemble évoque aussi les formes des interférences visuelles ( Les interférences sont entre-autres, des croisements d’ondes à l’origine des phénomènes de diffraction de la lumière et peuvent perturber nos perceptions ou représentations de l’état des matières qui nous entourent).
Toutes les figures qui on inspirées le travaille forment avec leur croisement, des angles orientés dans des directions opposées mais complémentaires car formés par le même trait d’union ; leur articulation. Les paramètres classique d’expression de stabilité, à priori opposés, des verticales et des horizontales aussi à la base de nos constructions en perspective, trouvent donc ici, leur équilibre dans leur articulation.
Ce travail remet donc autant en question, les perspectives actuelles de contrôle sur notre milieu ou mode de vie que l’impact de nos systèmes de mesures, de conceptions et constructions de notre rapport à l’environnement. Et plus particulièrement la manière dont nous avons d’organiser et d’exploiter notre environnement pour pouvoir nous s’en nourrir.