Manifeste sans titre et en plein coeur, 2014

impression laser sur papier A3, perforation, dimensions variables

Ce travail manifeste le rapport à l’autre, interroge et tutoie le lecteur sur ce que l’altérité peut générer comme situation, expérience sensible et pensive par l’aménagement d’un texte en un espace de jeu, un paysage à traverser. L’ensemble se présente comme une pièce de théâtre sans en être une en particulier. Elle s’active dans le prolongement du regard de l’autre sans spectacle. Le “je/tu/nous…” sont des personnages. Par exemple quand j’écris « je suis » ce n’est pas juste en tant qu’être, mais aussi au sens d’un « je qui suis, qui se porte en exil en donnant suite à un ensemble de relation». Les phrasés sont disséminés entre des «I» majuscules faisant référence aux crochets en mathématique qui comprennent des éléments d’équations entre eux – Un crochet est un signe de ponctuation. Il peut être ouvrant (« [ ») ou fermant (« ] »)- . Ce «I» en anglais est un « je » et ici il est multiple. En l’occurrence, ces signes de ponctuation sont formés par le même trait d’union tout en étant orientés dans des directions contradictoires, opposées, mais complémentaires. Ils se comprennent entre eux et sont ouverts sur la marge du support, “du terrain de jeu”. Cette mise en page force la lecture à comprendre les choses entre les lignes et à créer des liens entre les multiples et différents environnements mis en relation. Ce travail entre langage, paysage et espace de travail n’as pas pour but d’être interprété, mais d’être remis en jeu par l’effort de lecture.
« mes pièces sont du jeu » Correspondance entre Beckett et Paul Celan, 23 septembre 1967

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